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Séminaire international "Guerre et Environnement au XXe siècle" (2014-2017)

MàJ : 17/07/2015

 

Resp. : Fabien Locher, Groupe de Recherche en Histoire Environnementale, Centre de Recherches Historiques, EHESS

Séminaire soutenu par le Réseau de Recherche sur le Développement Soutenable de la Région Île-de-France (R2DS)

 

Ce séminaire se propose d’étudier les rapports qu’entretiennent guerre et environnement au XXe siècle. Jusqu’ici cette question a peu retenu l’attention des historiens. Pourtant ces rapports, considérés au sens large, ont constitué au cours de cette période un opérateur majeur de reconfiguration de la biosphère et des liens Nature/Société. Ils ont dans le même temps contribué à façonner le champ et les modalités de l’agir militaire.

Les conflits et leur préparation ont transformé les environnements en profondeur : effets directs des combats ; extraction effrénée des ressources ; territoires en « état d’exception » environnemental (zones d’essais d’armement, usines et bases militaires échappant aux régulations communes, no man’s land sous contrôle militaire constituant de facto des zones de préservation).

C’est aussi notre connaissance de l’environnement qui a en grande partie été façonnée en situation de conflit. Pendant la Seconde Guerre mondiale puis la guerre froide la Terre, transformée en champ de bataille, a été cartographiée, sondée, modélisée pour être maîtrisée en tant qu’espace d’évolution des troupes, des sous-marins, des vecteurs nucléaires. Ce formidable mouvement a été à l’origine des « sciences du système-Terre » contemporaines ; il a catalysé l’émergence du diagnostic sur le changement climatique et des premiers projets de géo-ingénierie. Après 1945 l’écologie scientifique, elle aussi, a été reconfigurée par les rationalités savantes et les nouveaux enjeux issus de la guerre froide. L’expertise environnementale contemporaine a émergé sous le signe de l’affrontement militaire entre les blocs.

Les guerres chaudes et froides du XXe siècle ont également été décisives en matière d’inventaire, d’exploitation, de conservation et d’usage des ressources naturelles. Les deux conflits mondiaux ont suscité de vastes schémas d’approvisionnement se déployant à l’échelle des nations, des empires coloniaux et du globe tout entier. Après 1945 la « course aux ressources » s’est intensifiée, dans une situation géopolitique de conflictualité et d’instabilité chronique liée à la guerre froide et la décolonisation. Dans ce contexte les institutions militaires et les acteurs industriels vivant en symbiose avec elles ont joué un rôle décisif pour orienter, théoriser, accompagner et imposer des politiques de recherche et de captation des ressources qui ont transformé les environnements et les sociétés à l’échelle globale.

L’environnementalisme moderne s’est lui-même affirmé en lien avec les menaces suscitées par la guerre froide. Au péril atomique a répondu l’émergence d’une réflexivité nouvelle quant aux conséquences potentiellement tragiques, globales et définitives de l’agir humain. L’essor de l’environnementalisme politique, dans les années 1960-1970, s’est fait dans un contexte où « protection de la Nature », pacifisme et critique des guerres illégitimes (impérialistes, coloniales) étaient mis en rapport et revendiqués d’une même voix.

Ces éléments sont loin d’épuiser la question des rapports entre guerre et environnement au XXe siècle : à titre d’exemple elle pourra aussi être abordée à partir de l’analyse historique des représentations (de la Nature, de l’ennemi), d’une entrée par la question animale (place des animaux dans les conflits, interactions entre les technologies d’éradication et les technologies militaires), de l’étude de la diplomatie environnementale analysée dans son lien aux enjeux militaires.

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Dernière modification :
22/05/2017